Le far breton appartient à la grande famille des desserts rustiques préparés autrefois dans les campagnes avec des ingrédients simples et disponibles toute l'année.
Son nom vient du mot far, qui désigne une préparation à base de farine.
À l'origine, le far n'était pas nécessairement un dessert sucré.
Il pouvait être préparé de manière très simple et servir d'accompagnement nourrissant.
Au fil du temps, la recette évolue.
Le lait, les oeufs, le sucre et le beurre prennent une place plus importante.
Le far devient alors un dessert proche d'un flan épais, avec une texture dense, souple et légèrement fondante.
La version sucrée s'impose progressivement dans les foyers bretons.
Le succès du far breton tient en grande partie à sa simplicité.
Il ne nécessite que quelques ingrédients :
farine, oeufs, lait, sucre, beurre et parfois un peu de vanille ou de rhum.
Sa cuisson lente lui donne une texture caractéristique, plus ferme qu'un flan classique.
Pour 6 à 8 personnes :
250 g de farine
150 g de sucre
4 oeufs
1 litre de lait entier
50 g de beurre demi-sel
1 sachet de sucre vanillé ou un peu de vanille
1 pincée de sel
On peut également ajouter une cuillère à soupe de rhum selon les goûts.
Préchauffer le four à 180°C.
Verser la farine dans un grand saladier.
Ajouter le sucre, le sucre vanillé et la pincée de sel.
Mélanger.
Ajouter les oeufs un par un en fouettant.
Verser progressivement le lait tout en continuant à mélanger.
La pâte doit devenir parfaitement fluide et homogène.
Il faut éviter les grumeaux.
Ajouter éventuellement un peu de rhum.
Beurrer généreusement un grand plat à gratin ou un moule assez profond.
Le beurre demi-sel apporte une saveur particulièrement agréable.
Verser la pâte dans le moule.
Enfourner pendant environ 45 à 55 minutes.
Le dessus doit devenir bien doré.
Le centre doit être pris tout en restant légèrement souple.
La durée de cuisson peut varier selon la profondeur du moule.
À la sortie du four, le far peut sembler encore légèrement tremblant.
Il va continuer à se raffermir en refroidissant.
Laisser reposer au moins une heure avant de le découper.
Le far breton peut être dégusté tiède ou froid.
Aujourd'hui, beaucoup de personnes associent immédiatement le far breton aux pruneaux.
Pourtant, le pruneau n'est pas indispensable à la recette de base.
Il constitue une variante devenue extrêmement populaire.
Les pruneaux apportent à la fois une saveur fruitée et une texture moelleuse.
Ils contrastent avec la pâte dense du far et lui donnent un caractère plus gourmand.
La recette aux pruneaux est aujourd'hui l'une des versions les plus répandues dans les boulangeries et les familles.
Pour 6 à 8 personnes :
250 g de farine
150 g de sucre
4 oeufs
1 litre de lait entier
50 g de beurre demi-sel
250 à 300 g de pruneaux dénoyautés
1 sachet de sucre vanillé
1 pincée de sel
2 cuillères à soupe de rhum, facultatif
Si les pruneaux sont un peu secs, les placer dans un bol.
Les couvrir d'un peu d'eau tiède, de thé ou de rhum dilué.
Les laisser gonfler pendant environ 30 minutes.
Les égoutter ensuite soigneusement.
Mélanger la farine, le sucre, le sucre vanillé et le sel.
Ajouter les oeufs.
Verser progressivement le lait en fouettant.
Ajouter éventuellement le rhum.
Beurrer généreusement le moule.
Répartir les pruneaux sur le fond.
Verser ensuite doucement la pâte.
Les pruneaux peuvent remonter légèrement pendant la cuisson : c'est normal.
Enfourner à 180°C pendant environ 50 à 60 minutes.
Le dessus doit être bien coloré.
La lame d'un couteau plantée au centre doit ressortir presque sèche.
Le far doit être suffisamment épais.
Un moule trop grand donnera un dessert trop plat.
Il vaut mieux choisir un plat assez profond pour conserver une belle épaisseur.
Le lait entier donne une texture plus riche et plus moelleuse.
On peut utiliser du lait demi-écrémé, mais le résultat sera un peu moins fondant.
Le beurre demi-sel est particulièrement adapté à cette recette.
Il apporte une légère note salée qui équilibre le sucre.
Il peut être utilisé pour graisser le moule et éventuellement ajouté fondu dans la pâte.
Le rhum est facultatif.
Il apporte une note aromatique qui accompagne particulièrement bien les pruneaux.
Pour une version sans alcool, il suffit de l'omettre ou de le remplacer par un peu de vanille.
Une autre variante consiste à remplacer les pruneaux par des raisins secs.
Ils peuvent eux aussi être trempés dans un peu de thé ou de rhum avant cuisson.
Cette version est plus douce et légèrement plus sucrée.
Le far peut également être préparé avec des pommes.
Il suffit d'éplucher deux ou trois pommes, de les couper en quartiers ou en lamelles et de les disposer au fond du moule.
La cuisson reste sensiblement la même.
Les deux versions ont leurs amateurs.
Le far nature permet de mieux apprécier la texture et le goût de la pâte.
Le far aux pruneaux apporte une note fruitée plus marquée.
Dans les deux cas, le principe reste identique : une préparation simple, longuement cuite et servie froide ou tiède.
Le far se conserve généralement deux à trois jours au réfrigérateur.
Il faut le couvrir afin qu'il ne sèche pas.
Avant de le servir, on peut le sortir une trentaine de minutes à l'avance.
Comme beaucoup de desserts traditionnels, le far est souvent encore meilleur après quelques heures de repos.
Sa texture devient plus ferme et les arômes ont le temps de se développer.
Le far breton est facile à préparer, peu coûteux et peut être réalisé en grande quantité.
Il convient donc parfaitement aux repas de famille et aux grandes tablées.
Sa recette peut être adaptée selon les goûts, avec ou sans fruits.
Moins spectaculaire que certaines pâtisseries modernes, le far breton repose avant tout sur la qualité des ingrédients et la simplicité de la préparation.
Farine, lait, oeufs, sucre et beurre suffisent pour obtenir un dessert généreux et profondément associé à la cuisine bretonne.
Nature ou garni de pruneaux, le far breton reste ainsi l'un des desserts les plus simples et les plus chaleureux de la tradition culinaire bretonne.

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